Saviez vous que nos collègues de travail sont de vraies personnes remplies d’émotions ?
Je le dit sur le ton de l’humour, mais sachez qu’aujourd’hui encore beaucoup de personnes font encore une séparation psychologique vie privé vie pro. Je parle de ces masques que nous mettons avant d’aller au travail qui cachent pleinement ce que nous sommes et ainsi empêche l’expression naturelle des émotions.
Qu’en est-il aujourd’hui ?
Selon une étude faites en 2016 par la Dares dans le numéro Synthèse Stat’ plus de la moitié des salariés se disent cacher leurs émotions.

Alors oui, tout ceci est très lié à la culture de notre société, les codes sociaux, mais aussi le style de management qu’on met en place dans nos entreprises.
Il faut dire aussi que la crise Covid a joué son rôle. Ce n’est déjà pas simple de faire accepter sa baisse de motivation, sa frustration ou ses colères lorsque le présentiel était la norme, ça l’est encore moins depuis que nous avons vécu 2 ans de télétravail forcé et maintenant le format hybride.
De plus, les effets psychologiques du confinement se font de plus en plus sentir. Plusieurs études du corps médical, notamment psychiatrique, nous expliquent que le confinement, additionné à la peur du virus COVID-19, a amené beaucoup de personnes dans des états de stress, d’anxiété, de névrose, etc.
Pour les personnes en entreprise travaillant habituellement en équipe, le télétravail et la distance que cela implique peuvent générer des problèmes :
– d’appartenance à un groupe
– de manque de reconnaissance
– de repères et de sens
– de réunions qui se multiplient
– des décisions importantes prises par téléphone entre deux réunions
– etc.
Et surtout la disparition de cette machine à café, cet endroit où 90% des discussions informelles se faisaient et qui nous faisait tous du bien.

Chers gestionnaires : Libérez les émotions de votre équipe

Il est tout à fait normal de ressentir de la colère, du stress, de l’amour, de la joie, de l’enthousiasme, ce qui est problématique c’est d’empêcher leur expression.
« On perçoit, on apprend, on crée par les émotions. Elles ont une très grande valeur et présentent un immense atout. » Cécile Bost
Alors vous allez me dire : Je n’ai jamais interdit d’exprimer quoi que ce soit.
Je réponds : Vous n’avez probablement pas non plus créé le moment propice et sécurisé à l’expression de ces émotions.
Il est important de considérer TOUS les facteurs qui constitueront la réussite de vos projets : l’état émotionnel de votre équipe en fait partie.
Les simples échanges 1to1 et 1toGroupe ne suffisent plus, surtout à distance.
Vous créez probablement des moments d’échanges formels et informels dans l’espoir que votre équipe vous révèle leur état intérieur.
Très souvent cela se résume à : « Je t’écoute, dis moi tout » ou à « Faisons un tour de table ». On a souvent l’impression de tirer les verres du nez dans ces moments là.
En télétravail, c’est encore plus difficile. En général, lorsqu’on pose ces questions-là, on vérifie notre casque s’il est toujours branché, car personne ne répond.
Et pourtant, on s’équipe au maximum pour améliorer l’expérience en télétravail et tenter de recréer les mêmes conditions d’échanges en face à face.
La matrice des émotions pour libérer la parole
Pour vous Gestionnaires, Scrum Master, Directeur, Chef de projets, je vous propose un outil simple à utiliser avec vos collaborateurs ou équipe.
Il s’agit d’une matrice qui vient de la Programmation Neuro-Linguistique (PNL) dont le but est d’inviter les personnes à exprimer simplement leurs émotions.

Cette matrice représente 2 axes : Energie Haute et basse, et ce qui nous paraît plaisant et déplaisant.
Cela forme alors 4 zones qui catégorisent des émotions tel que la joie, la sérénité, la colère, la peur, la déprime, le découragement.
Je vous invite à utiliser cette grille de lecture auprès de vos collaborateurs en leur demandant de se situer et ainsi d’engager la discussion. Elle peut être utilisé en groupe ou individuellement selon l’objectif de l’exercice. J’ai moi même l’habitude de l’utiliser régulièrement pendant des débuts ou fin de cycle de projet afin de prendre en compte le facteur émotionnel qui va accompagner le groupe durant les moments important du projet.
Par exemple, la semaine dernière j’ai invité un gestionnaire à questionner l’état émotionnel du groupe à la veille d’un nouveau cycle de développement à enjeu très important. Cela lui a permis de détecter des signaux faibles, des forces et des faiblesses au sein du groupe et d’agir de manière empathique afin de dé-risquer des baisses de motivation.
Conclusion
On le sait tous que le facteur humain peut être un moteur ou parfois un frein au succès d’un projet. Il est temps désormais de considérer et de se mettre en action pour libérer au sein de vos équipes tout le potentiel présent.
Voyez cet outil comme un atout supplémentaire à ajouter dans votre trousse de Gestionnaire !
